A Travellerspoint blog

Les feuilles qui tombent et celles qui partent

Corner Brook - prise 2

sunny 13 °C

Jo est parti lors de ce qui était probablement la deuxième plus chaude et ensoleillée journée de ce mois d’octobre, qui bientôt tire à sa fin. Me voici donc à nouveau seul dans ma tête à affronter les expériences de ma vie. Jo et moi nous sommes quittés dans un esprit complice et complètement amoureux, ces deux semaines m’ayant permis de m’emplir de beaucoup d’énergie pour novembre-le-morne qui cogne à la porte. Je me sens bien, mieux maintenant, après une nuit de sommeil et une victoire du CH. L’émotion s’est quand même un peu emparée de moi lorsque j’ai vu la navette pour l’aéroport s’enfuir avec mon amoureuse en tournant le coin de la rue. Soudain, le temps ne m’appartenait qu’à moi seul, et je n’avais envie que de peu, surtout de réconfort dans moi-même. Heureusement, le temps étant magnifique et l’automne également, je pouvais errer en ville à regarder les feuilles tomber et les gens se promener sur les sentiers bordant le ruisseau qui sépare la ville en deux. Pensif et un peu émotif, je repensais à ces bons moments des derniers temps qui sont encore bien vivants en moi et qui me donnent beaucoup de joie pour le présent et le retour de la mi-décembre, où je pourrai en serrer plus d’un dans mes bras, car plusieurs me manquent un peu, comme toujours. Il faut croire que de m’éloigner me le rappelle constamment et m’aide à progresser et à grandir comme humain. On m’a dit que j’ai offert la dernière fois quelques photos des laideurs de la ville, c’est vrai un peu, mais c’est aussi ça cette ville. De toute façon, sachez que mon art vous appartient comme critiques une fois que je le remets, donc tous les commentaires ont été bien appréciés. Simplement, l’œil de ma caméra voulait un peu aussi transmettre mes émotions lors de cette journée pluvieuse, tout comme hier je voulais transmettre un peu ce qui m’habitait en cette journée magnifique. Voici donc une seconde série de photo de la ville, dans ses habits plus « naturels », ce qui est son attrait le plus réconfortant, selon ma perception. Elle traduit deux moments, le premier immédiatement lors du départ de Jo, le deuxième un peu plus tard lorsque j’étais un peu plus nuageux et que la lune pesante s’est levée sur mon coin secret pour m’offrir un petit rayon de bonheur. Bonne journée.

Louis

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Posted by louiss 10:25 Archived in Canada Comments (0)

Avalon, St-John's, Fogo, etc.

Un peu de compagnie et quelques jours de vacances

semi-overcast 8 °C

Le jour tant attendu est arrivé, mais en fait était-il tant attendu ? Je crois que oui, mais il est clair que cet après-midi où je sais que je te retrouve dans quelques minutes, je suis visiblement excité davantage, car je me rends compte que c'est réel. Tu arrives lors de ce qui est probablement la plus chaude et magnifique journée de ce mois d’octobre, ce qui rend ces retrouvailles encore plus magiques. Tout se passe d’ailleurs si naturellement, peut-être grâce à l’honnêteté passée. Il n’en demeure pas moins que c’est une grande joie de se toucher enfin, par contre ma pudeur prend le dessus sur ces moments croustillants…

Pour moi, la découverte que tu fais de mon monde, de mon quotidien et de ce qui me touche en ces lieux me force à apprendre à te laisser apprécier et découvrir, ce qui se passe en général très bien. Le soleil bât encore son plein, sans doute apporté de ton île où l’été indien dure depuis si longtemps qu’il aurait permis à Joe Dassin d’écrire environ quatre-vingt-quatorze chansons… On reprend la route du pouce qui nous conduit vers la montagne de Blomidon, ou Blow Me Down, tel que se serait écrié James Cook en espérant qu’elle ne s’écroule sur son bateau. Cette randonnée permet d’accéder à un magnifique point de vue sur la Baie des îles, tout près de Corner Brook. Néanmoins, son ascension des talents d’escaladeurs ou une Foi à tout casser, car autant le Gros Morne est comme monter une face de singe, Blomidon se dresse fièrement comme un gorille; un gros mâle particulièrement effronté.

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Le temps gris de la fin de semaine permet de cuisiner les provisions pour la semaine à venir, où nous louons le fameux véhicule m’ayant jadis guidé en terre viking. Tout se passe si fluidement entre nous que nous choisissons de nager jusqu’à Trout River, un autre sentier du Gros Morne, qui malgré les nuages, offre un excellent compromis entre les fjords, la végétation et les Tablelands.

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Fidèles à nous-mêmes, nous décidons à 21h de faire les bagages et quitter le lendemain matin pour le Mistaken Point. Détrompez-vous, cet endroit n’est pas près d’ici, il se trouve probablement au bout de la Terre, au sud de la péninsule de l’Avalon, au sud de St-John’s ! Pourtant, cet endroit renferme de vieux trésors de plus de 600 millions d’années que constituent certains des plus vieux fossiles animaux conservés sur la planète, aux origines de la vie animale sur terre, malgré leur apparence de végétaux.

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Le froid et le vent sont une adaptation, surtout pour toi, mais aussi car il fait vraiment froid maintenant ici, même que la neige s’est permis de recouvrir un petit somment en route pour cette péninsule. Ce vent froid et mordant, témoin de la puissance de l’océan, me permet de vérifier que d’être deux dans un tel endroit est si banal en ce qui a trait à l’angoisse et la peur que l’on peut vivre en étant seul avec soi-même. L’océan et sa force sont les mêmes, peut-être même pires que la dernière fois, mais l’humain est tel qu’il se réconforte parfois dans l’autre, sans totalement prendre conscience de ce qui l’habite.

La route vers ces fossiles dévoile aussi quelques secrets mystiques que sont les villages irlandais si isolés au bout de cette péninsule, ou encore un digne représentant de la plus méridionale des hordes de caribous de la planète.

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La forte proportion de gens habitant St-John’s a sans doute un impact gravitaire important, de sorte qu’il est impossible de ne pas s’y arrêter. Il faut dire que cette ville ancienne est tout à fait charmante avec ses maisons colorées, ses pubs irlandais et ses environs en toute nature. Le temps est clément et les étoiles encouragent à monter la tente, à nouveau, près de la plage de Middle Cove, celle-là même qui m’avait bien ventée lors de ma première visite. Cette fois, la chance nous sourit et le matin est magnifique. J’apprends aussi par le voisin que la plage était autrefois beaucoup plus loin dans l’océan, ce qui permettait aux pêcheurs d’y sécher le poisson, mais que la construction de l’aéroport de Torbay a nécessité beaucoup, beaucoup de sable…

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Nous profitons un peu encore des rues de la capitale et nous quittons sur une patate frite trouvée dans un shack à patate de rue des plus succulente. Mais à quand ces camions mobiles dans les rues du Québec !

La route tranquille nous invite savoureusement vers la péninsule de Twillingate, nom dont l’origine est due à une certaine femme de la région qui s’est fait connaître à Paris comme chanteuse sous le pseudonyme de Mme Toulinguet… La lumière est complètement étincelante dans ce pays un peu plus feuillu, où l’on retrouve de nombreuses îles et où le tourisme est majoritairement basé sur deux déserteurs saisonniers : les icebergs et les baleines. L’île la plus importante au large de Terre-Neuve est l’île de Fogo, sur laquelle on retrouve 11 communautés et un peu moins de 3000 habitants. Il faut évidemment s’y rendre en bateau, qui au moins ne ressemble en rien au rafiot bourré de scorbut que j’ai connu la dernière fois… Les premiers mètres parcourus ici se font dans l’obscurité totale, et le stationnement du camping situé derrière le Lion’s Club de Fogo Town sera parfait pour dormir dans les circonstances. D’ailleurs, le vent souffle comme jamais je n’ai senti durant une nuit, jusqu’à brasser la pauvre Yaris qui s’accroche pour nous garder en place. Heureusement, nos folies nous font apprécier tout ce temps passé dans ce bolide miniature.

Le village de Fogo est entouré d’eau et composé de 700 habitants, mais il représente avec fierté, selon la Flat Earth Society, l’un des quatre coins de la Terre ! Cette société est très impressionnante et il vaut la peine de se payer une visite sur leur site internet… Les gens d’ici – et de Twillingate, ont été si longtemps isolés qu’ils ont conservé l’accent du temps de Shakespeare, ce qui est quelque peu surprenant et très amusant. Par contre, il est un peu plus triste d’apprendre que ces lieux sont maintenant de plus en plus abandonnés des jeunes, qui vu les quotas de pêche, cherchent à trouver du travail dans l’albertaine province de l’Ouest canadien. La route est très belle et révèle à nouveau de pittoresques petits villages isolés et d’autres hordes de caribous ! Il en va de même, après le retour sur l’île principale, pour Twillingate, qui nous offre quelques derniers rayons de soleil sur un lieu bien paisible.

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Le retour en toute noirceur laisse entrevoir un orignal qui rappelle à nos esprits que la prudence est de mise jusqu’à l’arrivée. Tout se passe bien et la pluie du lendemain nous permet de se coller dans un lit – je n’irais pas jusqu’à dire confortable, mais quand même, et profiter du temps qui tombe en eau sur la région.

Le surlendemain, pour le dernier jour avant le retour au travail, le Gros Morne semble se dégager sur les radars et nous tentons notre chance. Pourtant, cette mystique montagne attrayante a été choisie par quelques nuages qui s’y collent, de sorte que nous profitons du contraste entre la mer éclairée et les montagnes ennuagées pour savourer la journée. L’expérience nous conduit même jusque chez Earle, où nous savourons un Moose Burger dans un typique restaurant villageois local, où la musique traditionnelle et les décors rustiques font grandement apprécier la culture terre-neuvienne. Je retrouve avec Jo l’imposant fjord du Western Brook Pound, où je réalise que mes profondeurs sont souvent atteintes en solitaires. En fait, c’est comme si parfois en étant seul, quelques idées montent en moi et puisque je suis avec moi-même, je les laisse monter davantage. Cela me montre l’importance de vivre ces moments et de réussir à bien communiquer avec les autres sans les écarter brusquement pour accepter de vivre certains moments jusqu’au bout.

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Jo et moi comprenons aussi l’importance de cette expérience de séparation, qui nous amène à nous retrouver en ce moment et de réfléchir sur ce que nous vivons profondément, avant de mieux repartir dans des réflexions pour quelque temps. Cela est, je crois, bénéfique, autant pour nous comme individu que comme couple. Cette semaine est une semaine de transition avant le retour à la séparation physique, mais le temps est tout autant magique et enrichissant. Le mois de novembre s’en vient lentement, et je me demande ce que peut bien me réserver la pluie après ce qui est une sorte de coucher de soleil intensément épatant qui brille encore dans mon ciel lointain.

À bientôt, et merci à tous pour vos commentaires et questions, je suis bien heureux de partager mes expériences avec vous tous,
Louis

Posted by louiss 23:44 Archived in Canada Comments (1)

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