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Bruine Atlantique

rain

Bruine Atlantique
Corner Brook – temps de bruine

subtile présence que celle de la bruine atlantique
désirant être remarquée de tous
elle se dépose partout dans une sensation qui le visage pique
doucement s’immisce dans les interstices puis sa fleur pousse

elle habite sans déranger le passant qui marche à travers les collines
une pluie si fine qu’on ne s’en méfie guère
un climat plus tendu s’installe, semé par cette féline
le visage chatouillé par l’omniprésence et la perte de repères

subtile bruine qui envahit tout le paysage
force à entrer en soi et accepter sa tendresse
qui invariablement ne saurait entacher la page
délicatesse si raffinée qu’on y expose ses faiblesses

une musique, plutôt un bruit meublant la réalité
une fréquence continue qu’on ne discerne même plus
pourtant le temps passe et la peau devient mouillée
la solitude de la marche est prise au dépourvu

cherchant les signes masqués par la bruine
jusqu’au cœur de la ville lui aussi affligé
un sentiment d’impuissance qui lentement le cœur mine
l’âme tourmentée cherche à se libérer de ce voile érigé

la route est longue et les passants détrempés
la chaumière aperçoivent-ils finalement
la bruine subtile si rapidement évaporée
et l’esprit clair et grandit reprend contact naturellement

  • **

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qui se souvient de cet endroit ?
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Posted by louiss 22:42 Archived in Canada Comments (3)

Culture Locale

un peu moins loin cette fois... quoique

overcast 4 °C

Un levé de soleil impeccable ce matin sur la vallée. Petits moments pour me recueillir sur les récentes aventures newfies. La vague récente se tient encore et fournit constamment son lot de nouvelles activités, à commencer par la vie sociale ou culturelle – à vous de juger qui règne sur la côte ouest à la mi-novembre. Retour sur vendredi. Une agréable surprise attend Olivier et moi au Pepsi Center, château fort des puissants Royals de Corner Brook, de la West Coast Senior Hockey League, alors que les Cataractes de Grand Falls/Windsor sont en ville pour y affronter nos héros sur lames. Un match de durs guerriers fiers de leurs racines et qui feront lever la foule à maintes reprises pour repartir le cœur heureux de cet effort, et nous tout aussi joyeux de participer à la sortie majeure en ce vendredi soir pluvieux et frisquet. En fait, ce n’est qu’un début, puisqu’une autre divinité locale est en ville pour offrir ses prestations musicales, directement de retour à la maison depuis l’Ontario lointaine. Nous deux, Coralie et Sophie sommes bien dans l’ambiance pour un peu de musique country-rock-folk où se succèdent sur la scène The Divorcees et la vedette Brian Byrne, dont les tatous en étoile sur les coudes ne sont pas sans rappeler les étoiles westerns des shérifs. Une belle soirée pour une première dans cette vie nocturne qui ne fait probablement que commencer.

Question de se remettre sur patte après les événements de la veille, Olivier et moi reprenons la route du Nord pour aller nous frotter au port de pêche de Cox’s Cove. Ce n’est pas très loin d’ici, juste au bout de la route située de l’autre côté de la baie dans laquelle meurt Corner Brook. Il s’agit d’un grand village où l’activité majeure semble d’être employé de l’usine de transformation du poisson, d’où émane une odeur de mer et de cale de chalutier mal rincée bien prononcée.

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C’est d’ailleurs à cet endroit qu’ont été rassemblées les populations de trois petits villages isolés lors des politiques de centralisation des années soixante, dont Brake’s Cove, encore accessible à pied. Il s’agit d’un sentier de toute évidence local, où les escaliers sont victimes d’une scoliose et où le chemin ne longe pas la grève, mais constitue la grève…

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C’est toutefois magnifique et très rafraîchissant, d’autant plus que l’excitation de découvrir un village abandonné est au rendez-vous. Pourtant, malgré les rumeurs, il se trouve que ce village de quinze maisons peine à nous convaincre de son abandon, comme en témoignent les quelques pistes de bétail et les récentes actions humaines.

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Notez l'inscription de 1909...

Il n’en demeure pas moins que ce doit n’être qu’un havre estival où les gens vont chercher une paix et une tranquillité encore plus marquée qu’à Cox’s Cove – et oui, c’est possible semble-t-il… Comme il doit être plaisant de voguer dans cette baie en été, en chaloupe à travers les baleines revenues du Sud avec leur progéniture. Difficile d’imaginer un endroit autant à l’écart et paisible que celui-ci. Surtout, je me remémore encore les habitations vikings d’un temps passé et je me dis qu’au fond, tout n’a pas si changé entre ces deux époques séparées de 900 ans, particulièrement quand je compare au dernier demi-siècle et à mon monde moderne, où rarement les voisins vivent autant dans la cour des autres, aux aguets de tous les faits et gestes de chacun.

À force de penser et de remarquer les modes de vie des habitants du coin, nous finissons également par remarquer que la marée monte, et nous nous rappelons que notre sentier est la grève, coincé entre la mer et les falaises… Le retour est donc plus excitant que prévu, car il faut attendre les creux des vagues pour courir jusqu’aux points les plus élevés de ces murs de pierre nous séparant de notre confort. L’expérience est mémorable, parfois mouillée, mais comment imaginer une aventure à Terre-Neuve sans avoir à se mouiller les pieds en pleine course à travers les vagues, ou autre folie du genre ? Retour au haut des falaises, retour au poisson, retour en voiture, pour remercier cette chance de vivre toujours aussi près de l’Océan, étendue infiniment puissante dont je ne sais encore comment je survivrai à ma dépendance actuelle lorsque viendra le temps de s’en séparer.

  • *

Pour l’instant, c’est un retour dans cette ville et cette région où se côtoient tant à travers si peu d’humains. Dimanche, cette fois accompagnés de Sophie, qui n’a pas oublié ce matin d’ouvrir son cellulaire, nous repartons en quête de la montagne qui attire tant de touristes internationaux l’hiver et qui a fait doubler le prix des habitations dans toute la vallée : la station de ski de Marble Mountain. On se sent un peu comme dans une boule de verre dans laquelle on crée des tempêtes de neige en la brassant, car le ciel passe rapidement du bleu au gris au blanc, ce qui ajoute au caractère mystique de cette montagne.

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La randonnée fait du bien physiquement, et je plonge aussi à l’occasion dans des questions existentielles sur l’humain et aussi dans l’amour et les yeux de certaines personnes qui me sont très chères et que j’admire fortement. Il me semble que l’homme n’est que très petit sur cette planète, que malgré toute son évolution, son essence se résumerait-elle au sentiment de l’amour véritable ? Je me le demande, car je ne suis pas si certain de ce qui nous raccroche tous à cette vie si ce n’est que le feu qui brûle en nous à certains moments précis et qui nous envahit complètement. Mes pensées sont transmises à la surprenante puissance de la chute de Steady Brook, qui les reprend pour elle dans toute sa force, et me laisse continuer ma route un peu plus léger, mais fatigué d’avoir marché toute l’après-midi. Je repars sur une sieste de soirée pour regarder, un peu plus tard, quelques émissions en français de chez nous, à l’heure des maritimes, mais je ne me réveille que ce matin, à nouveau rempli d’une énergie positive, et prêt à me laisser border dans ce soleil levant, avant de repartir pour une nouvelle semaine à l’intérieur.

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Bonne semaine dans vos intérieurs respectifs, en vous souhaitant quelques blancheurs nordiques !

Louis

Posted by louiss 19:46 Archived in Canada Comments (1)

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