A Travellerspoint blog

Corner Brook

Quelques photos

-17 °C

Bonsoir à tous ceux et celles qui ont pris l'habitude de flirter avec ce site. D'ailleurs, merci d'avoir pris cette habitude :) Haha, avant de vous raconter mes dernières aventures, je vous laisse patienter avec quelques images de la ville où j'habite, bien que j'en ai peu parlé jusqu'ici. Pour la plupart, elles ont été prises aujourd'hui, mais quelques-unes proviennent également d'une autre époque. Pour vous remettre la tête en place, l'économie de la ville est majoritairement basée sur l'usine de la Kruger, qui date de plus de 80 ans. La ville est située dans un endroit bien vallonneux, presqu'en forme de bol, et borde la rivière Humber, à 40km de l'Océan Atlantique... Mais ce n'est pas toujours évident sur ces prochaines photos... Bonne découverte de cet univers et je reviens bientôt avec d'autres écrits !

Louis

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Posted by louiss 20:58 Archived in Canada Comments (2)

À bord moussaillons

Un mois d'aventures !

sunny 23 °C

J’ai la tête qui tourne encore. L’estomac à peine stabilisé. Un peu plus et mes tremblements ne me quittaient pas et m’entraînaient dans une sombre solitude. Les plaisirs du Rhum laissent quelques marques les jours de lendemain, mais ils sont bien loin d’être entièrement responsables de mes maux de midi, d’ailleurs bien pires que ceux du soleil levant. Pour marquer le premier mois dans mon île orientale, il a été choisi de visiter François. Non pas mon frère aîné, ni un quelconque vestige d’un Roi de France, mais bien un village de 200 âmes, pour la plupart pêcheurs, situé sur l’inexplorée et brumeuse côte sud. Et là où je veux en venir, c’est que ce village n’a que deux accès; une piste d’atterrissage d’hélicoptère, et un traversier fournissant chaque jour les habitants en vivres. Cela dit, la deuxième option est bien moins chère, et je choisis ce soir de débuter par la fin : aujourd’hui. Le départ matinal s’effectue dans une brume grandissante et c’est avec une grande énergie intérieure que je reprends la mer pour la deuxième fois en 3 jours avec mes trois comparses; Sophie, Astrid et Henry (les deux Allemands). Mais la mer n’est plus bleue et calme comme à l’arrivée ; elle est bien plus agitée. Les vagues sur les côtes sont loin de battre des records de tempête, mais pour être resté sur le pont durant une bonne demi-heure à me faire asperger de quatre-vingt-cinq poches de sel en pleine gueule, je peux témoigner que chaque vague vaut un bon manège à La Ronde. Quel métier de fou d’être marin ou pêcheur. Bref, pendant les poches de sel, tout va bien. Mais un homme détrempé se doit de rentrer se changer. Houlà, décor différent. Mes comparses et les trois autres kayakistes passagers semblent atteints de malaria, de scorbut ou de gastro-entérite, peu importe, mais on court les toilettes et les sacs de mal de l’air (!) se promènent à souhait ! Pas le choix, mon tour est aussitôt venu. L’estomac a beau être vide, la fatigue et l’alcool de la veille ne sont rien pour aider à ce manège terrible que constitue notre navire jadis si paisible. Je passerai ainsi la plupart des prochaines heures à me faire brasser chaque organe et à m’arracher le diaphragme à tenter de vomir à intermittence. C’est donc rempli d’énergie que nous regagnons le quai en titubant, comme si nos corps tentaient par tous les moyens d’échapper une fois pour toutes à nos esprits débiles ayant des idées aussi folles que de traverser la côte sud à bord d’un vulgaire chalutier. Néanmoins, le pardon est valeureux et mon corps et mon esprit s’unissent à nouveau pour rassembler les morceaux et partager ces beaux moments des derniers jours, non sans avoir siesté paisiblement au préalable…

Retour dans le temps. La météo s’annonce très belle et motive le choix de descendre au sud, un endroit connu pour sa brume empêchant les arbres de pousser à leur aise. La route permet d’atteindre le village de Burgeo. Jolie fresque de bord de mer que ce village de 2000 têtes de pipes, d’origine un lieu de pêche important, mais les quotas de pêche sont maintenant ce qu’ils sont. Mais Burgeo réserve encore plus qu’un pittoresque village côtier. En effet, c’est le méconnu Old Orchard du nord, avec le Sandbanks Provincial Park, haut lieu de rencontre de la Roche -Terre-Neuve est surnommée localement « The Rock » - avec le sable fin formant de longues plages totalement inattendues en ce qui me concerne. Le temps est à l’admiration, à la réflexion, à la marche naïve et au bonheur simple.

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Le bateau quitte le port dans cinq minutes lorsque nous réalisons que nous sommes encore à dîner en contemplant la mer. La course se veut donc folle pour aller chercher les sacs et monter à bord du seul transport quotidien. L’équipage semble chaleureux et la journée l’est déjà depuis longtemps. À bord moussaillons, pour un périple de cinq heures, séparé par un arrêt à Grey River. Il s’agit d’un « mini hameaux » -là je ne sais pas comment je pourrais mettre ça plus petit…- situé en bas d’une falaise au fond d’un fjord et abritant quelque soixante-dix personnes… Mon jugement m’amène à croire que je parlerais difficilement de la culture hindoue dans un tel lieu, mais mon expérience si brève ne me permettra pas de le vérifier. L’aventure continue et la géologie de cette île me fascine encore et encore. La côte est surélevée de partout et les falaises nous regardent discuter lentement, de leur air innocent et imperturbable.

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Francois – attention de bien prononcer avec une patate dans la bouche « Frènn-Soué » - est à peine plus imposant que son précédent village. Les rues sont des trottoirs pour les VTT et les autos sont absentes. Il va sans dire que quatre personnes avec des sacs à dos énormes passent difficilement inaperçues dans un lieu aussi retiré, surtout quand les seuls autres passagers du bateau sont les quelques choux, oignons et patates apportés depuis Burgeo… Plusieurs pistes de randonnées originent d’ici. L’une d’elle conduit rapidement à un terrain vacant surplombant le village et situé dans le creux de montagnes, où s’est également installé près de nos tentes un lac d’eau potable. La vue est magnifique, l’air est pur, les étoiles sont vives et rassurantes, parfait pour passer une bonne nuit avant la découverte de ce paradis perdu.

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Le matin se réveille vêtu de rose montagnard et de bleu céleste. Les randonneurs s’affairent à prendre leur temps sur ces monstres de pierres vêtus d’une mousse confortable et parfois croustillante. Les vues sont imprenables, les lacs et étangs avoisinants sont plus sauvages que les orignaux de la région et le soleil affiche complet avec une température bien au-delà des attentes, laissant des marques au nez de quelques comparses. Et puis le village et ses habitants accueillants et sympathiques sont bien intéressants. Il s’agit, pour la plupart, de gens natifs de l’endroit, qui lui me rappelle dans une certaine mesure les sentiers et la paix régnant dans ce village himalayen de Kanda. Ici, contrairement à bien des endroits sur l’île, les gens sont encore pêcheurs. En effet, les quotas n’ont pas affecté les pêcheurs de crabes et de crevettes, ni même les pêcheurs de poissons qui n’opéraient pas par des « fishing plants ». Cela dit, la vie recule de plusieurs années et ne semble pas entièrement se diriger vers mon siècle actuel…

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Cet endroit est donc bien énergique et laisse transparaître une douce simplicité au voyageur qui s’y attarde. Pourtant, la sensation peut être bien différente sous les fougues pluviales ou nivales, alors que le temps s’arrête pour ces habitants d’une autre époque. J’en ressens une paix intérieure et un goût énorme pour l’extérieur, le plein air et la vie dehors. Je ne sais pas où mes orientations me mènent, mais l’ordinateur devant moi pèse de plus en plus, bien qu’il soit un médium de tant d’autres intérêts présents. Mais l’essentiel est justement ce présent, ce moment permis, cette retraite en perspective du monde. De mon point de vue, il serait injuste et prétentieux de croire que chaque instant peut être aussi simple que le dernier jour. Or les expériences viennent nous chercher quand elles le veulent. Ce matin et depuis quelque temps, je me répète les mots de mon ami Nicolas Bouvier, bien plus sage que moi, et je m’en vais sur le pont me faire éclater la gueule de torrents en acceptant mon sort, avant de subir le traitement ultime qui me ramène à la réalité magique de cette vie, la tête bien entre les deux jambes, question de boucler la boucle.

« On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes éliminées par les lessives qu’on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels. On s’en va loin des alibis ou des malédictions natales, et dans chaque ballot crasseux coltiné dans les salles d’attente archibondées, sur des petits quais de gare atterrants de chaleur et de misère, ce qu’on voit passer c’est son propre cercueil. Sans ce détachement et cette transparence, comment espérer faire voir ce qu’on a vu ? »
Nicolas Bouvier – Le Poisson-Scorpion

Merci pour vos précédents commentaires toujours appréciés, et au plaisir,
Louis

Posted by louiss 22:38 Archived in Canada Comments (2)

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